LA GROTTE DE LA MARCHE


La grotte de La Marche (commune de Lussac-les-Châteaux [86]) peut être considérée comme l'un des sites archéologiques les plus importants pour les gravures sur pierre de l'époque magdalénienne. Il présente la particularité de contenir des dalles de calcaire sculptées,  mobiles,  reposant sur ou dans la couche archéologique du Magdalénien III (classification  Breuil). 

Historique de la découverte

Le faible nombre de sites magdaléniens connus du département de la Vienne avait incité un groupe de fouilleurs de Lussac-les-Châteaux à explorer méthodiquement cette région. 

Parmi eux se trouvaient Raveau, déjà connu pour ses fouilles en Dordogne, le  Dr Soueix, J.Leclerc, Stéphane LWOFF et Léon Péricard et quelques autres érudits établis à Lussac .

La région se révéla être riche en sites magdaléniens. Après deux années de recherches (campagne 1937-1938), quatre nouveaux gisements furent détectés à moins de 4 kilomètres de la petite commune.
Sur l'indication de plusieurs résidents, des sondages furent effectués dans le secteur de la Tannerie/Barboterie puis de la Marche quelques mètres plus loin.

Léon Péricard et Stéphane LWOFF, ancien élève de l'Ecole du Louvre(et frère du prix Nobel André Lwoff ), explorèrent ainsi,  en novembre 1937,  la grotte/abri de La Marche.
Leurs travaux allaient faire apparaître un site lithique exceptionnel.
Le célèbre préhistorien, l'abbé Breuil, fut aussitôt contacté qui accompagna les deux chercheurs.

Les fouilleurs prirent date de leurs découvertes devant la SPF et Lwoff effectuait ses premières publications.

L'abbé séjournant ensuite de nombreuses fois à Lussac où il fit des fouilles et trouva, lui-même, de nombreuses plaques gravées.
Il confirma la découverte auprès de la Société de Préhistoire Française et l'affirma auprès du comte Begouën qui douta, un temps (jusqu'en 1942 tout de même..), de l'authenticité des gravures (!!!).... La SPF l'attesta en même temps.

Il revint en 1939 et en 1940. Lascaux et Altamira, entre autres sites,  lui prenant  ensuite, beaucoup de temps...

Avertis de l'existence de ce site majeur, un jeune préhistorien et l'un de ses amis se recommandèrent du Musée National d'Archéologie de St Germain en Laye auprès des deux lussacois. Les ayant laissé seuls un après midi, Lwoff fut stupéfait, à son retour, des méthodes radicales qu'ils employèrent (plaques cassées avec un piolet pour prendre moins de place à leur retour à St Germain). Un écrit de Lwoff en ma possession (col. perso.PLF) nomme le jeune en question: Paul Fitte. Il reparti dans la foulée à St Germain avec deux valises pleines de mobilier lithique. Une partie fut déposé au MAN, l'autre ayant pris une destination, à priori, inconnue.

Nos chercheurs continuèrent à explorer le sol jusqu'en 1945, époque à laquelle il interrompirent leurs recherches, la loi sur les fouilles venant de paraître et leur demande d'autorisation de poursuivre n'ayant pas été suivie d'effet.

Lwoff avait pris la précaution de maintenir, en arrière du pilier rocheux, un important témoin de la couche archéologique contenant des pierres gravées et s'en était entretenu avec Breuil qui donna des directives aux autorités spécialisées de l'époque.
Malheureusement et sans doute par manque d'intérêt aussi localement, la grotte resta ouverte à tous les vents et ne fut pas classée. 

Huit années passèrent lorsque le Dr Pradel eut l'intention d'examiner les déblais en 1953. Le professeur Patte lui accorda une autorisation...verbale! Malheureusement il apparut ensuite que Pradel entama la couche archéologique laissée intacte par Stéphane Lwoff. Le résultat de ses fouilles fut toutefois consigné dans une monographie. 
Il y revint en 1957 et 1958.

La Marche retrouvait le silence pour longtemps cependant que LWOFF  poursuivait ses publications sur l'industrie en pierre ou en os qu'il avait recueillie avec son ami, Léon Péricard.
 
La Marche est devenu un site de référence et ' le plus riche en oeuvres d'art mobilier' (Leroy Gourhan).

Le préfet de la Vienne voulu voir la cavité, passant à Lussac en 1970. Il fut choqué de l'inexistence de protections. Des grilles furent posées et son classement s'en suivi....tant d'années après la découverte. Il va sans dire que l'endroit, entre temps, dû être revisité.

Décédés, les deux inventeurs du site reposent au cimetière de Lussac sans aucune marque d'hommage. Seule celle de Lwoff dispose d'une plaquette au portrait humain réalisée par sa fille et rappelant à sa mémoire. Etonnamment, une rue de Lussac porte le nom d'André Lwoff son frère prix Nobel qui ne vécut pas ici. Aucune par contre pour les deux érudits qui firent la renommée de la localité.

Route de Limoges, ils habitaient face à face. La maison de Lwoff est devenue l'hôtel des "Orangeries". Celle de Léon Péricard, de l'autre côté de la route, revint à ses enfants qui y ouvrirent une librairie où différents ouvrages sur la Marche et, en particulier, les volumes de Léon Pales sur les gravures y étaient commercialisés. 

En 1975, alors jeune étudiant passionné de préhistoire habitant Poitiers (je ne vins habiter Lussac pour raison professionnelle qu'en 1985) j'eus l'opportunité de  rencontrer M. Péricard, âgé, qui m'entretint de ses travaux et me présenta quelques unes des plaques qu'il découvrit. Les enfants ayant vendu sa maison il y a une dizaine d'années à l'un de mes clients (je travaillais dans une banque locale), je fus stupéfait d'apprendre que ce dernier avait découvert, au grenier, nombre de "cailloux" et silex taillés (!) dont un brocanteur le débarrassa (!!).
Lors d'une brocante organisée à Lussac dans les années 2000, je ne l'étais pas moins en découvrant sur un stand un carton rempli de notes et croquis de Lwoff  dont je me rendais, bien entendu, acquéreur. Après son décès, la maison fut, elle aussi, mise en vente, et vidée de son contenu, y compris préhistorique,  par d'autres brocanteurs (!!!).

Si, donc, plus de 1550 plaques et plaquettes gravées, des centaines d'outils et d'objets osseux sont aujourd'hui répertoriés au Musée de l'Homme (dépots Lwoff) ainsi qu'au MAN à St Germain mais encore au Musée Sainte Croix de Poitiers et au Musée de Préhistoire de Lussac, nombre d'autres existent....   

Localisation géographique 

La vallée appelée «la rivière du Petit Moulin» est orientée Est-Ouest.
Son parcours est sensiblement parallèle à la route nationale de Montmorillon.
C'est une rivière souterraine. Elle réapparaît en surface à un kilomètre du village de Vaux, avant la grotte de Fontserein, cavité riche de galeries encore inexplorées car bouchées d'éboulis.
Elle est reliée à un gouffre situé dans un terrain près de son entrée, bouché par de gros blocs de roches par les anciens propriétaires qui souhaitèrent sécuriser l'endroit (situation: avant d'arriver à l'entrée de la grotte [devant laquelle s'écoule la rivière qui alimente le lac souterrain] se trouve un terrain d'un hectare au centre duquel pousse un magnifique chêne. Le gouffre est à quelques mètres.
Une exploration spéléologique sérieuse permettra, sans doute, à l'avenir, de belles découvertes.

Fortuitement et alors que des centaines de spéléologues fréquentèrent le lac souterrain et, dans les années 40, Norbert Casteret qui explora le gouffre, des peintures solutréennes y furent découvertes (mammouth, bison...). Elle est aujourd'hui (2019) protégée physiquement.


Après avoir parcouru quelques mètres à la surface, le ruisseau redescend sous terre sur deux kilomètres, puis remonte  dans l'étang artificiel creusé par le comte de Taveau en 1492 pour protéger l'accès à la motte féodale de la ville. En amont , le ruisseau passe devant la grotte de l'Ermitage (occupation néandertalienne).(Moustérien supérieur). 

Quelques centaines de mètres plus bas, proche des anciens piles du pont-levis, se trouve la grotte des Fadets, qui fait également face au sud. Cette grotte contenait quelques restes de solutréen, mais surtout du matériel du magdalénien III, assez abondant, ainsi que des plaquettes gravées de même facture que celles de la Marche.

Cette dernière est positionnée à 500 mètres plus loin. À 10 mètres au-dessus du niveau de la rivière du Petit Moulin, la cavité occupe une position privilégiée, exposée plein sud.

L'une des entrées apparaît dans un jardinet dont l'accès est libre depuis une dizaine d'années, un arbre étant tombé sur la structure en pierre de l'encadrement. Un mur de soutènement en maçonnerie le long de la ruelle en contrebas soutient la terre depuis le XVIII ème siècle.
Cet ouvrage contient encore aujourd'hui de nombreuses pierres gravées bloquées dans la chaux, toutes pierres du secteur ayant alors servi à son édification.
Antérieurement, une légère pente menait en contrebas à la rivière du Petit Moulin.
M.Gradstein, qui nous aida dans le cadre de nos travaux pour un accès par l'accès E2, me relata, il y a une vingtaine d'années, avoir vu de nombreux ossements,pierres et silex apparaître lors du creusement de la fosse où il réalisa sa piscine. Les déblais furent répandus dans son terrain.


la Marche plan fig 1
Plan général de la grotte. 

Les chiffres indiquent la différence de hauteur entre le niveau de sol d'origine et le toit de la grotte. La roche de base, le niveau avant l'habitation humaine, se trouve à 220 cm sous le toit. 

Photo: Péricard et Lwoff (1940)




La grotte avant et après les fouilles de

La Marche a essentiellement la forme du rectangle illustré dans le diagramme ci-dessus de ABCD, dont seuls les côtés AB et BC soutiennent le toit. Le point D n'est pas pris en charge et se trouve donc en porte à faux sur le sol de la grotte. Un affleurement rocheux est situé à P. (  P n'est pas indiqué sur le diagramme, mais est vraisemblablement le «piton rocheux» situé à côté du point marqué G-Don  ). La partie E В contient plusieurs galeries sablonneuses. Un mur de maçonnerie va de D à C, du toit au sol, avec une porte d'accès près de C. 

La grotte a été divisée en deux parties à peu près égales par un mur de terre atteignant le toit et allant de E à G. Elle appartient à M.et Mme Bastière Ch.

La partie excavée de 1937 à 1938 est limitée à la surface GghС. Les dimensions sont hC = 18 m, CG = 9 m, Gg = 14 m. Le plafond de la grotte, bien que contenant de nombreuses fissures profondes, est sensiblement horizontal et se situe en moyenne à 220 cm au-dessus de la base de la couche Magdalénienne III. 

En entrant par la porte, placée dans le mur artificiel le long de la partie DС, nous arrivons à un sol plat, probablement drainé artificiellement. La hauteur de cette partie de la grotte est de 2 mètres. Il forme essentiellement un rectangle arrondi de 6 mètres sur 12. Un mur de pierres sèches de 60 cm de haut, longeant la ligne lmn et se terminant dans le coin nord-est, sur une pente en talus ou un cône s'élevant jusqu'au plafond et recouvert de dalles et de blocs de calcaire sans forme. À partir de ce cône et presque jusqu’à l’entrée, le côté est est délimité par un banc de maçonnerie, atteignant 40 cm au-dessus du sol artificiel et d’une largeur moyenne de 140 cm. Le mur de pierres sèches conserve le remblai de loess ou de limon non stratifié de 180 cm de hauteur, qui remplit le reste de la grotte appartenant au Dr Bezaguet. 

Un espace moyen de 20 cm a été laissé entre le toit et le haut du remblai. Voici à quoi ressemblait la grotte avant le début des travaux. Il aurait servi à l'origine de serre pour les plantes sensibles au froid, puis de cave à vin. Selon un récit raconté en 1908 par M. Savart, alors âgé de 80 ans, cette grotte "aurait servi de lieu de rassemblement pour que les druides rendent la justice". Les vestiges datables sont magdaléniens III et IV. Les fouilles de 1937 et 1938 ont agrandi la cave; actuellement, la surface drainée correspond sensiblement à un espace trapézoïdal à côtés parallèles de 18 mètres et de 14 mètres de long, séparés de 9 mètres.

la Marche
Plan de la distribution des dépôts sur le site. 

1 banquette en maçonnerie. 
2 petit mur en pierre sèche. 
3 Cône de matériaux excavés. 
4 Foyer lenticulaire. 
5 Foyer en forme de cuvette. 
6 Dague en os gravée de deux chevaux magdaléniens trouvés sous une dalle à la surface du cône. 
7 Plaque mince gravée d'un renne au pâturage. 
8 Dalle avec une patte de félin profondément incisée. 
9 Plaquette avec une tête humaine de profil. 
10 Cachette de longues lames (78 exemples). 
11 Baguette percée et décorée dans un bois de renne. 
12 Baguette percée non décorée dans un bois de renne. 
13 Petit cheval du VI magdalénien gravé sur un côté. 
14 Croupe de cheval du Magdalénien VI sur os. 
15 Pendentif utilisé pour l'abrasion, en schiste. 

Photo et texte: Péricard et Lwoff (1940)



Publications LWOFF sur les fouilles à partir de 1937:

Stratigraphie.

La première partie à excaver est limitée par le mur intérieur. Dans cette partie, nous trouvons, avec une épaisseur moyenne de 15 cm et immédiatement sous le pied, un matériau lithique et osseux avec des plaques finement gravées du Magdalénien III. À certains endroits, des poches plus profondes de 30 à 70 cm sont de véritables caches de silex, creusées exclusivement pour conserver des dizaines d’outils de haute qualité. La couche archéologique noirâtre ne présente pas, dans cette partie, de zones où l'accumulation de détritus est importante. 

Sous cette couche, un limon jaune foncé, associé à des blocs de calcaire, probablement détachés du toit, a subi le début de la concrétion par agglutination de sable et d'argile. Cette couche archéologique a une épaisseur sensiblement constante, sauf à l'emplacement des caches décrites précédemment, et peu d'entre elles ailleurs. 

Les profondeurs de 1 mètre de profondeur ne montrent aucune autre couche archéologique, mais découvrent la même argile parsemée de gravats et de rochers. L’homogénéité de la couche et sa position horizontale nous ont amenés à considérer cette base comme le sol d’excavation actuel. Il semblait préférable de le faire, contrairement à d’autres techniques, notamment celle du nettoyage du substrat rocheux, technique qui suivra toutefois après l’excavation totale du Magdalénien III. 

Notez que cette section ne contient pas de grandes plaquettes gravées. Par contre, le mur de pierres sèches en contient à la base et ces derniers n’ont pas été déplacés. Nous devons donc malheureusement conclure que la couche archéologique a été partiellement excavée et que les dalles ont été jetées, soit à l'extérieur de la grotte, soit dans le mur de terre séparant les deux propriétés, ou éventuellement pour former le banc latéral en maçonnerie. Cette hypothèse reste à vérifier. Le mur de terre divisant la grotte en deux parties a été rasé. Des fragments de silex ont été trouvés dans le matériau de ce mur, mais une partie seulement du mur contenait des dalles non gravées. Cette partie a été vidée une fois que nous étions satisfaits de sa composition, car sur les murs verticaux orientaux, il existe un écart très prononcé atteignant 160 cm de hauteur, résultant d’une infiltration continue. Cette hypothèse est d'ailleurs confirmée par les locaux, si un crédit pouvait être consenti à de telles informations. 

Notez que la couche archéologique disparaît le long de la banquette orientale sur une largeur de 100 à 150 cm, mais elle réapparaît immédiatement après la banquette au voisinage de la pente du talus ou du cône contenant à sa surface de nombreuses dalles et blocs, parmi lesquels se trouvait un chanfrein. panneau avec un champlevé (  une gravure avec le matériau autour du contour enlevé pour simuler un bas relief - Don  ) représentant un bovid d'un côté et quelques gravures de l'autre. Dans ce cône et sous une dalle de surface, on a trouvé un gros os biseauté, avec une représentation de deux petits chevaux magdaléniens, de style magdalénien VI, avec des crinières hérissées.

intérieur de la Marche



L'intérieur de la grotte aujourd'hui. 

Photo: http://www.tourisme-vienne.com/fr/activite/879/les-grottes-de-la-marche-et-des-fadets




Section enfouie dans le sable 

La couche du Magdalénien III s'étend, dans cette partie, toujours dans les mêmes conditions stratigraphiques, mais dans une couche extrêmement altérée, dans les couches magdalénienne V et VI, une double couche de 20 cm à 10 cm bande grise à certains endroits seulement. Il peut être suivi très facilement dans le reste du remplissage de limon jaunâtre. 

Cette couche contient très peu de silex, et cela avec une technique médiocre. L'industrie de l'os est représentée par trois fragments de baguettes décorées de 5 cm de long, avec des motifs géométriques et des traces de peinture rouge et bleu clair.

les chevaux de la marche


Parmi les sculptures d'animaux en os, il n'y avait que deux spécimens, l'un représentant l'arrière-train d'un cheval (ci-dessus) et deux petits chevaux, l'autre (ci-dessous) un remarquable petit cheval typique avec des lignes maculées d'ocre rouge. Ces deux os ont été brisés par de gros blocs détachés du toit, après ou pendant l’habitation de la grotte pendant cette période. 

Photo et texte: Péricard et Lwoff (1940)




la Marche




Une autre vue de l'intérieur de la grotte. 

Photo: https://www.facebook.com/museedeprehistoiredelussacleschateaux/




La couche Magdalénienne III contient deux foyers, 4 et 5 (Fig. 3). Ces cheminées ont à leur base quelques outils. Leur épaisseur est constituée d'os calcinés ou d'os réduits à de très fines particules. Le foyer 4 (Fig. 3) d'une épaisseur moyenne de 50 cm est lenticulaire. Il a été élargi artificiellement et son centre est à 20 cm au-dessous du niveau général du gisement. 

Le diamètre moyen de ce foyer est de 120 cm. La cheminée 5 (Fig. 3) contient un mélange d'os de même nature, mais il présente la particularité d'être absolument rectangulaire (100 cm x 60 cm). Le fond de l'auge est horizontal et se trouve à 12 cm au-dessous du niveau général du gisement. 

Les bords sont légèrement arrondis. Le côté est du bord de la cheminée est constitué de blocs de calcaire tendre tombés de la voûte, amalgamés par la cuisson avec le bord du foyer. Ce bord calcaire est gravé sur une partie de sa circonférence (environ 20 cm). La hauteur de la cendre d'os ne dépasse pas sensiblement le bord supérieur de l'auge. Il y a plus d'outils autour des foyers qu'ailleurs. 

Importance des matériaux recueillis lors de la campagne de fouille de 1938

1. Équipement de broyage des grains - deux pilons à la carène ou meules en schiste induré, d’une longueur de 60 cm. Six broyeurs ou mortiers de quartz et de cailloux de granite, 50 cailloux présentaient également une usure par frottement similaire. 

2. Carreaux de calcaire et plaquettes gravées - 33 pierres gravées (il y en avait 200 à la fin de 1940). La plus grande mesurait 100 cm sur 60 cm, la moyenne était d'environ 40 x 40 cm. Il y avait 60 plaquettes gravées et une pierre de rivière gravée. 

3) Artefacts d'os et de bois de cerf: - 50 têtes de lance avec un seul biseau, courtes et longues avec des rainures; six aiguilles avec les yeux, grands et petits, ronds ou plats; 30 pointes de lance en forme de fuseau bipoint; 12 lissoirs, plus lisses, en os; 30 dents percées; 31 incisives de chevaux décorées sur leur face interne, selon une grille triangulaire; 5 os hyoïdes percés et entaillés; 10 coquilles percées; 6 perles de collier (une en ambre contenant un fossile et les autres en os et ivoire); 2 pendentifs en pierres à aiguiser percées, en schiste; 1 pierre à aiguiser trapézoïdale non percée en schiste; 2 bâtons percés; 10 outils de forme et de nature indéterminées; 2 pendentifs en os cranté. 

4) Silex - Matériau Microlithe. - Plus de 500 pièces entières, parmi lesquelles on trouve des ciseaux, poinçons, racloirs, plans polyédriques, ciseaux à bec de perroquet (une technique émergente), des noyaux. Très nombreuses lames à dos, lames retouchées, burins de très petites dimensions et burins travaillés à partir de paillettes. 

Outils siliceux Outils de fabrication. 

1 Meules et broyeurs. - Les meules et leurs broyeurs sont des cailloux de rivière. Les broyeurs ont des dimensions presque constantes de 12 cm. Ce sont des cailloux de rivière elliptiques, plats ou ronds avec des traces d'usure assez prononcées. Certains de ces broyeurs sont cuits par exposition au feu et s'effritent. Les meules ont des dimensions plus grandes et peuvent atteindre 40 cm de diamètre. Elles portent des traces d'ocre rouge et jaune. L'usure au centre est très nette. Le nombre de meules est assez faible par rapport au nombre de broyeurs. 

2. Marteaux. - Ils sont relativement rares, mais certains galets portent des traces de percussion à leurs extrémités. Ils ont généralement la forme d'un parallélépipède de section carrée dont les extrémités arrondies portent des traces de martelage. 

3. retouches. - Les retoucheurs sont en calcaire. Ellipsoïdaux, ils sont facilement saisissables. Arrondis sur un bord, ils ont un angle relativement net de l'autre côté, montrant des retouches assez régulières comme celles du silex. Ils sont souvent très finement et très artistiquement gravés avec des motifs d'animaux. 

Outils de silex. 

Matière première: Le silex a été importé, bien que des nodules d'un très mauvais silex grisâtre existent dans les parois calcaires de la grotte.Toutes les plus belles variétés sont représentées, du silex transparent pâle au silex jaune tacheté et au jaspe de type Fontmaure. 

Dans les couches supérieures des magdaléniens V et VI, nous avons trouvé une matière blanche altérée, très légère et ressemblant à de la porcelaine. C'est le produit du cacholonnage (  hydratation / opalisation produisant un résultat blanc laiteux et opaque, la forme de pierre précieuse est appelée cacholong ) d'un silex pâle translucide, qui existe en abondance dans un assez vaste gisement du Magdalénien VI situé à 4 km. Cependant, la plupart des matériaux utilisés sont des silex jaune pâle légèrement translucides. Un seul exemple est de silex noir. 

Nucléüs. - Les carottes ne sont pas très abondantes. Ils sont prismatiques et ont plusieurs faces ou ils ont la forme d’une pyramide à plusieurs faces convexes. La base est généralement très plate; il est oblique chez les rabots polyédriques (  un type d'avion à pousser - Don  ).

Ciseaux, grattoirs, poinçons. - La quantité de déchets est quasi inexistante, mais la proportion d’outils non finis, c’est-à-dire non retouchés, est assez importante: on peut supposer qu’ils représentent un tiers des matériaux extraits. Les couteaux ont été fabriqués en moyenne 8 cm de long et ils sont très nombreux. La retouche pour créer un burin Noaïlles est très rare. Les racloirs sur les lames émoussées sont également très nombreux. Ils mesurent de 5 à 6 cm de long et l’autre extrémité est nette. Dans certaines grandes pièces (de 15 à 25 cm), le racloir est associé à l’autre extrémité pour devenir un burin, un poinçon ou un couteau droit ou courbe. Les poinçons, de plus petites dimensions que les grattoirs, présentent des pointes tranchantes à l’autre bout. Ce sont souvent des pièces plus longues; il y a des doubles. Le poinçon est également associé au burin. 

Lames. - Les lames sont associées à des outils en bout, mais il existe un type de lames très tranchantes d'un côté, avec une constriction au milieu et sans retouche. Ces lames forment ainsi de grands doubles couteaux (jusqu'à 18 cm). Ils semblent résulter d'un retrait technique spécial du noyau. 

Microlames. - Les micro-lames peuvent être divisées en plusieurs lames à dos, très petits ciseaux et lames, retouchées ou non. 

Gravures d'art sur pierre. - L’abondance des gravures magdaléniennes III est la caractéristique essentielle du gisement. Toutes ces gravures très volumineuses et homogènes constituent une documentation exceptionnelle pour la connaissance de l'art de cette période. 

a) dalles mobiles gravées. - C’est ce qui donne au dépôt l’originalité. Magdaléniennes III, elles sont basées sur ou dans la couche archéologique, datée à la même époque. Elles sont mobiles. Leurs dimensions et leurs formes sont variées, qu’elles soient rectangulaires ou trapézoïdales. Elles n'étaient pas attachées au mur ou au plafond de la grotte; ce sont des calcaires durs qui ne proviennent pas de la cavité . 

En général, elles ont sur leurs côtés des coupures aiguës aux angles vifs, mais certains sont complétés par un arrondi artificiel sur un, deux ou trois côtés. D'autres ont été travaillées sur les quatre côtés et présentent un chanfrein arrondi ou de 45 °. Leur épaisseur moyenne est de 12 cm, leur longueur et leur largeur moyennes sont de l'ordre de 40 cm. Certaines d'entre elles coïncident entre elles pour former un ensemble dont les dimensions maximales sont de 100 cm sur 60 cm. 

Leurs surfaces sont plates et lisses, généralement d'un seul côté; leur verso est plat avec du relief, bien que très lisse .Certaines présentent des signes d'usure sur la partie gravée, une usure qui semble s'être produite lentement par frottement et qui révèle la partie frottée par rapport au reste de la gravure lorsque les lignes gravées se creusent progressivement. 

D'autres sont recouvertes d'une couche de calcaire déposée par l'infiltration d'eau chargée de chaux, où l'on peut distinguer, par endroits, qu'il existe des lignes sous-jacentes. Leur position dans la couche varie. La plupart sont simplement placés sur le calque horizontalement. Les dessins sont parfois d'un côté de la couche, parfois du côté opposé, mais certains sont légèrement inclinées selon un angle ne dépassant pas 30 à 40 °. La gravure est toujours d'un seul côté de la dalle. 

la Marche grognant félinela Marche grognant féline
Grognement félin. 

Photo et texte: Péricard et Lwoff (1940)




Les caractères des gravures sont: des lignes peu profondes finement gravées, représentant des têtes, des corps et des jambes d'animaux .Les lignes sont enchevêtrées plusieurs motifs se superposant . Le décryptage sera long et difficile (ndlr PLF: Léon Pales mettra plus de 20 années, avec son équipe, pour réaliser déchiffrements, relevés et photos sous différents angles) (ndlr PLF: les plaques ont servi à l'artiste du magdalénien comme le principe de l'ardoise scolaire. Recouvertes de cendre, d'ocre ou de manganèse les traits, gravés à l'aide de pointes très fines de silex sur ces couleurs, laissaient un tracé correspondant à la couleur naturelle de la pierre.)

L'un d'eux était divisé en trois parties rectangulaires, sans aucune trace visible de martèlement. Ces trois parties ont sensiblement les mêmes dimensions, leur jonction exacte a permis l’émergence de la gravure complète. Ces trois blocs pouvaient être reliés exactement entre eux et avaient trois côtés arrondis. Le quatrième côté était une rupture nette pouvant être prolongée par un quatrième élément non loin de là. 

Un autre était incliné à 40 °; sa face supérieure était recouverte d'une couche archéologique de 10 cm d'épaisseur, contenant divers outils et constituée d'une plaque gravée d'un buste humain de profil en relief léger; c'est la seule pièce montrant une figure unique. L'ensemble était recouvert d'une autre dalle gravée ayant sensiblement la même dimension. Près de ce groupe a été trouvé un 'bâton perçé' de bois de renne remarquablement décoré.

Tête de la Marche
Tête de la Marche. Les stries sur les joues de ce visage humain pourraient bien être des marques de scarification. Le profil pourrait correspondre à un descendant néandertalien (?).

  

Photo: Don Hitchcock 2015 
Source: Original, Musée d'Archéologie Nationale et Domaine, St-Germain-en-Laye




la MarcheTête de la Marche
Tête de la Marche.

Photo (à gauche): Ralph Frenken 2015 
Source: Fac-similé, Musée-de-la-Préhistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets 

Photo (à droite): S. Lwoff 
Source: Péricard et Lwoff (1940)




Le cône de gravats à l'est près du siège recouvrait la surface des dalles, ainsi que des blocs informes qui ont probablement été retirés de la partie excavée. L’une de ces plaques avait un chanfrein de 45 °, presque carré (50 cm x 40 cm) et portait des gravures partiellement effacées du même côté du chanfrein, et, de l’autre côté, une représentation d’un bovidé réalisée avec un léger champlevé (  une gravure avec le matériau autour du contour enlevé pour simuler un bas relief - Don  ).

la Marche des cerfsla Marche des cerfs
Cerf. 

Photo et texte: Péricard et Lwoff (1940)




la Marche ours et rennesla Marche ours et rennes


Dalle de calcaire gravée.






(Nous découvrons, tête tournée à gauche, un beau renne paissant; un ours tourné à droite, la tête d'un bison, une tête de bouquetin, une patte de mammouth, et des têtes d'animaux plus ou moins commencées). 

Photo et texte: Péricard et Lwoff (1940)




les animaux de la Marche
Photo de la pierre originale détaillée ci-dessus.

Photo: Don Hitchcock 2015 
Source: Original, Musée d'Archéologie Nationale et Domaine, St-Germain-en-Laye




l'ours des marches
Détail de l'ours et gros plan de la dalle ci-dessus. Partie droite.

Photo: Don Hitchcock 2015 
Source: Original, Musée d'Archéologie Nationale et Domaine, St-Germain-en-Laye




le renne de la Marche
Détail du renne gros plan de la dalle ci-dessus. Partie gauche.

Photo: Don Hitchcock 2015 
Source: Original, Musée d'Archéologie Nationale et Domaine, St-Germain-en-Laye




le renne de la Marche


Dessin du renne . 

Photo: http://rupestre.on-rev.com/page156/files/ec0e930b9038cae6ba5bd3b1822417c7-101.php




Enfin, nous pouvons noter un bas-relief intéressant travaillé dans un bloc prismatique des pattes antérieures d'un félin, le bout de patte ayant subi une fracture. (ndlr PLF: cet élément en 'ronde bosse' rappelle la frise du Roc au Sorcier d'Angles sur l'Anglin et laisse espérer qu'un site non encore découvert à proximité fasse apparaître un nouveau site d'importance...A l'ouest de la Marche (à gauche de sa façade d'entrée) existe une entrée de cavité dont l'éboulement rocheux mériterait d'être enlevé!

 Plaquettes gravées. - Série de petites dalles en calcaire dont les dimensions sont approximativement de la taille d'une main (par exemple, figures 4, 4a, 5, 5a, 6, 6a). Soixante ont été trouvés. La qualité de la conception et surtout de la gravure est généralement supérieure à celle des grandes dalles calcaires. 

Ces plaques reproduisent: 

1 Animaux (animaux entiers, têtes, croupes avec jambes), avec une prédominance de rennes et de chevaux, ainsi que quelques bouquetins, ours (Fig. 6 et 12). 

2. Figures humaines aux détails vestimentaires qui semblent un gisement particulièrement riche (exemple de la figure 4). 

Il y a des corps, des têtes montrées de face et de côté, parfois en train de s'accoupler, et des organes sexuels. 

 Galets de rivière gravés. - Des traces de gravure existent sur les galets de rivière, mais un examen minutieux est nécessaire pour les détecter. L'abbé Breuil a également noté sur un grand galet de rivière une gravure de la tête d'un renne. 

Matériel d'origine animale. - Ce matériau, très bien représenté, date incontestablement du dépôt comme étant le Magdalénien III.Cependant, un fragment de bois de renne, en forme de boucle, trouvé dans La Marche, est similaire à plusieurs fragments de Placard classé Magdalénien II et d’autres du Magdalénien III (en regardant les vitrines du Musée des antiquités nationales à Saint-Germain). en-Laye). Nous allons rapidement passer en revue le matériel. 

Dents de chevaux gravées. - Celles-ci caractérisent le gisement (ndlr PLF:d'identiques ont été trouvées au Roc d'Angles). Les incisives portent, sur le dessus de leur surface interne, un triangle gravées de stries plus ou moins bien représentée. L'une des bases est le bord d'usure des dents: les deux autres côtés ne sont limités que par une ou deux lignes parfois grossièrement représentées. (ndlr PLF: représentations de vulves).

les dents de la Marcheles dents de la Marche


Incisives de cheval gravées. 

Notez que la forme de la gravure n'est pas toujours un triangle. 

Photo et texte: Péricard et Lwoff (1940)




Ils sont sensiblement symétriques par rapport à l'axe de la dent. Le remplissage de la zone, le cas échéant, est constitué d’une grille assez régulière. Les dents sont toujours isolées du maxillaire, elles ne sont pas encore attachées à la mâchoire. 

Ce signe tectiforme (?) est accompagné, parfois, par une ou plusieurs encoches assez profondes, parallèles au bord d'usure et situées à mi-hauteur sur les côtés de la racine. Elles sont sont symétriques. L'un d'eux a dans la partie médiane de la dent et sur la même face interne un signe cruciforme (il n'est pas dessiné sur notre illustration). 

Des dents du genre de celles que nous venons de décrire ont été rarement rapportées.
L'abbé Breuil en a trouvé à Laugerie Basse au Eyzies et une autre à la grotte des Fadets à Lussac.
Rousseau (1933) a signalé la présence de 8 dents similaires dans le gisement de Dousse à Angles-sur-l'Anglin à une 40 aine de kms de Lussac, au même niveau archéologique.
La Marche a fourni 31 dents similaires, qui sont passées à 50 lors d'excavations ultérieures.
Si nous acceptons que la loi stipule que le numéro indique le lieu d'origine, nous pourrions être tentés de considérer La Marche comme la source de la diffusion de ces objets.

 
Pendentifs en os percés et entaillés. - La Marche a fourni deux pendentifs en os, percés et percés, identiques à ceux décrits précédemment par le Dr. Gobillot et retrouvés à Fadets.
Ils semblent par leurs formes être des objets fabriqués localement.

 
Os hyoïdes percés et entaillés. - Cinq os hyoïdes, percés et entaillés sur les bords, faisant probablement partie d'un collier été retrouvés ensemble à l'arrière de la grotte.

 
Aiguilles oculaires - Deux types d’aiguilles qui semblent caractériser le gisement. L'une d'elles est une aiguille oculaire, cylindrique, droite à la pointe effilée. L'autre type est constitué d'un éclat plat de 3 ou 4 mm de largeur, percé d'un trou sur le plat et à son extrémité. L'os est courbé à la manière des aiguilles du fabricant de matelas, mais la pointe n'a jamais été retrouvée. Est-ce bien une aiguille ou simplement un os qui faisait partie d'un collier?

Bouts de lance. - Environ 50 pointes de lance, toutes en bois de renne, ont été trouvées. Elles sont du type conventionnel, avec un simple biseau, un double biseau ou une simple gorge annulaire. Les pointes courtes semblent plus anciennes que les longues, selon leur position stratigraphique.Leurs dimensions varient de 5 à 15 cm. f) poinçons. - Le nombre de poinçons ou de poinçons comptés sur 30, simples ou doubles. Les simples sont remarquables par leur finition et leur exécution. Certaines ont une base facile à saisir, l'extrémité de l'os long, modifiée, a été modifiée à cet effet. Enfin, il existe quelques longs poinçons, en forme de fuseau et de doubles, qui doivent avoir été utilisés à des fins différentes de celles décrites précédemment.
Spatules ou lissoirs, lisses - ceux-ci sont fabriqués à partir d'os de côtes, soigneusement polis. Ils sont au nombre de douze. 












le bâton des marchesle bâton des marches


Bâtons percés - deux d’entre eux ont été trouvés. Le premier n'est pas gravé, mais le second (à gauche  ), au contraire, est remarquablement décoré de gravures géométriques. 

Deux ondulations gaufrées longent la tige et de multiples incisions ornent les deux demi-cylindres ainsi formés. Une courte extension, située près du trou, pourrait représenter la tête d'un animal. 

Mais la fin du témoin est une nouveauté évidente et pourrait être utilisée dans une certaine mesure pour expliquer le but de cette pièce. Il montre trois incisions circulaires avec des perles, et où est percé une entaille longitudinale assez forte commence au bord de la douille en forme de bol. 

Ce peut être une représentation phallique avec le bout du pénis montré. L'objet pourrait être utilisé pour la circoncision, la pointe du prépuce étant introduite dans le trou, le prépuce étant facilement coupé. Cela pourrait aussi expliquer la forme elliptique de certains trous dans les matraques percées. 

Photo (à gauche) et texte: Péricard et Lwoff (1940)
Photo (à droite): http://www.hominides.com/html/dossiers/baton-perce.php




Dents percées pour servir de pendentifs - Trente dents percées ont été extraites de la grotte. Certains d'entre eux sont malmenés. Ce sont des incisives bovines. 

Mollusques et crustacés - Parmi les matériaux de ce type, on peut citer une coquille de Saint-Jacques dont la partie creuse aurait pu être utilisée comme récipient ou comme cuillère. En effet, près de sa charnière et parallèlement, il y a un coup de burin qui a percé la coque et qui pourrait servir de point d'attache pour un manche. 

Même maintenant, certaines personnes, comme les Bretons, utilisent ces coquilles pour servir de louche, même les marins qui viennent au port pour visiter la Trinité-sur-Mer (Morbihan) ces dernières années! Le nom du propriétaire ou ses initiales sont gravés sur le manche en bois. (Note de M. Guenin) 

L'opercule de la même coquille a été découpé en triangle, avec des traces d'ocre rouge et d'ailleurs la coquille elle-même. Les petites coquilles, y compris les Cerithiidae, ont été percées d'un trou rond. 

Colliers de perles. - Ils sont en os, sauf un en ambre fossile. Les perles ont la taille d'une bille.

le bâton des marches


Divers outils. - Parmi les objets moins conventionnels, on peut citer les baguettes en os, de section sensiblement carrée, biseautées à une extrémité. Ces outils doivent avoir agi comme des pilonneuses. Les outils ont été fabriqués à partir d'une côte. La section transversale est carrée et l'extrémité a été amincie de manière à former une pointe triangulaire. Le corps de l'outil est entaillé régulièrement, par de nombreux coups de burin, en trois rangées allant d'une extrémité à l'autre de la tige. Les grandes baguettes de bois de renne ou d'ivoire étaient cependant régulièrement arrondies. 

Photo et texte: Péricard et Lwoff (1940)




spatule la Marche


Enfin, nous indiquons un outil curieux. Il est complet et a été trouvé dans un trou de petit diamètre dans une grande dalle calcaire non gravée de la couche archéologique. C'est un outil de 5 à 6 cm, plat, présentant l'aspect d'une spatule , mais dont le développement extrême est triangulaire. La partie interne de la spatule est traversée par une rainure, légèrement incurvée. Le point d'un tel outil a également été retrouvé lors de ces fouilles. 

Photo et texte: Péricard et Lwoff (1940)




poinçon la Marche
Manche d'outil pour un poinçon en silex - poinçon en silex pâle, étroitement juxtaposé avec un fragment osseux arqué, très pouvant être saisi et terminé par une pointe. La partie ajustée de l'os brisé était en contact avec l'outil. Utilisé comme pièce jointe pour le poinçon?. L'assemblage de l’outil sur le manche avec un morceau de raphia est très bien adapté. La pointe de l'os, qui diffère de celle du poinçon, évite une coupure de la main en cas de casse. La pointe en os peut également être utilisée comme poinçon. 

A. et B. élévation et profil. 
D. Flint Awl. 
E. Vue postérieure du logement osseux recevant le silex. 

Photo et texte: Péricard et Lwoff (1940)




Distribution du matériel sur la zone de l'habitat - La distribution du matériau dans différentes zones de la grotte peut fournir des informations sur le schéma de tassement de ses différentes parties. Les armes ou pièces présumées comme telles sont plus nombreuses à l'entrée de la grotte; des ustensiles ou des ornements domestiques tels que des aiguilles, des pendentifs, des lampes, des perles sont concentrés à l'arrière de la grotte, principalement autour des foyers. 

La partie arrière de la grotte contenait également la plus grande partie des pierres gravées. De ce point de vue, le matériau peut être divisé en deux groupes: 

*) un matériau de densité égale dans toutes les parties de la grotte; 
b) des équipements situés à certains points de la zone de recherche. 

*) Ce matériau est constitué de grattoirs à lame, de burins doubles et simples, de lances à biseau simple, de dents de cheval gravées et de plaquettes gravées. 

*) Les seules surfaces complètement stériles sont une bande étroite du sol de la grotte longeant le siège et dont la largeur ne dépasse pas 150 cm, ainsi qu'un quart de cercle limité par le mur d'entrée et le mur en pierre sèche, ayant un rayon d'environ 2 mètres. 

La totalité de la partie excavée près de la porte contient des grattoirs sur des lames d’une dimension maximale d’environ 20 cm et de grandes lames lancéolées. La partie adjacente au siège, à l’exception de la partie stérile, en contenait une plus grande quantité. Une cache d’environ 70 cm contenait 78 exemplaires. 

La densité de ces lames diminue vers l'est et sont uniques à l'arrière de la grotte. Près du mur, à 5 mètres du mur artificiel, nous arrivons à un atelier. Dans une dépression de 30 cm de profondeur le matériau est cacholonné ( blanchi et rendu opaque par les intempéries ), car il a été exposé pendant si longtemps à l'air, tandis que le matériau magdalénien III immédiatement au-dessus, qui n'est pas aussi détérioré, a été recouvert plus rapidement. . C'est une industrie des paillettes, mais les grandes lames que l'on y trouve sont également lancéolées et en forme de feuille. De belles retouches existent sur deux côtés symétriques. Les abradeurs pendants percés viennent de ce niveau. 

Cet atelier dispose de deux enclumes ou meules en quille avec la quille creusée dans le sol, la surface supérieure portant des traces de polissage. Deux pièces de calcaire, naturellement en forme de coupe, auraient pu servir de lampes. Cette zone relativement petite n'a aucune trace de gravures, alors que les plaques gravées existent au niveau supérieur. 

Partie envasée. Des perles ont été trouvées au début d'une galerie bouchée, située juste à côté du gros cône de débris et nulle part ailleurs. Les aiguilles , les pendentifs et les poinçons ont été trouvés près de la cheminée 4. Un fragment de lampe en grès portant des rainures rayonnantes sur son rebord supérieur, ainsi qu’un bloc de grès dur avec une surface inférieure plate en forme de demi-cylindre avec des rainures dans la partie convexe ont été trouvées dans cette région. 

La zone principale où des pierres gravées ont été trouvées était située dans la partie arrière de la grotte, dans un réseau étroit. Peut-on admettre que ces carreaux forment un ensemble de sièges? Cette hypothèse est viable à notre avis. Certains d'entre eux ont affecté la forme de selles , des formes rondes assez régulières, lisses. De plus, la présence dans cette région d'importants matériaux découverts confirme que les habitants y sont restés et y ont travaillé longtemps. 

Si c’était de l’art pur, ces dalles auraient été disposées très différemment. La présence d'un bâton percé au centre géométrique de la grotte, avec l'une des grandes représentations humaines à proximité, tend à prouver que nous sommes en présence d'une tribu organisée. ndlrPLF: L'endroit, unique, de la Marche, a pu servir de "Centre" d'apprentissage du dessin/gravure pour une diffusion sans doute élargie à l'actuel hexagone. Dans plusieurs lieux préhistoriques il n'est pas rare de retrouver la même technique!  (site des falaises de la Dousse, situé à une quarantaine de kilomètres de Lussac) (https://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/3292/img-1-small580.jpg). 

Conclusions

Au cours de la campagne de fouilles de 1938, la Marche est apparue comme un gisement très homogène de Magdalénien III, tant par ses outils que par ses œuvres d'art, caractérisées principalement par des dalles gravées mobiles. La pauvreté relative du département de la Vienne dans le Paléolithique final ne s'applique plus. Lors des fouilles dans la région de Lussac-les-Çhâteaux, il a été montré qu'elle était habitée par une véritable population magdalénienne de l'initial au final. Il sera nécessaire d’étendre cette recherche au-delà de la zone étroite dans laquelle elle a été confinée. L'exploration systématique des parties les plus profondes de la grotte peut révéler des peintures. ndlrPLF: une tête gravée en ronde bosse sur la paroi a été découverte près de l'entrée (2017).




la Marche
  Tête humaine de face. Original au MNA.

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Musée de la Préhistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets




Vieil homme de la marcheVieil homme de la marche
Relevés de la plaque ci-dessus.

Photo: Airvaux et Pradel (1984)




la Marche
Femme assise 

Hauteur 6 cm. 

Corps féminin. Parmi les plaquettes, nous avons pu reconnaître d’autres représentations similaires. Cette femme est assise nue sur le sol, elle porte des chaussures ou des bracelets de jambe et une demi-ceinture éventuellement utilisée pour suspendre un pagne. Le bras est en position levée. Les contours de certaines parties invisibles sont représentés comme s'ils étaient visibles. Ainsi sont représentés les seins, la ligne interne des jambes dans leur chemin sous le ventre, une ligne qui indique la position de la vulve. Cette femme est sur une plaquette fracturée partiellement reconstruite. ndlrPLF: la tête manque mais le bout de plaquette disparu pouvait la représenter.

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Musée de la Préhistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets 
Texte: Lwoff (1941)




la Marche femme
Femme. 

Photo: Don Hitchcock 2015 
Source: Original, Musée d'Archéologie Nationale et Domaine, St-Germain-en-Laye




hibou des marches
Cela a été identifié sur l'étiquette du musée comme étant un visage humain, mais cela ressemble beaucoup plus à un hibou, avec le corps montré dans le profil gauche et un contour de l'aile gauche. 

Photo: Don Hitchcock 2014 
Source: Original, Musée d'Archéologie Nationale et Domaine, St-Germain-en-Laye




FadetsFadets
Grotte des Fadets, fragment de pierre gravé d'un humain, dont la tête a disparu. 

Le corps mince bouge et il y a de longs cheveux jusqu'aux fesses. Le bras droit est projeté vers l'avant en forme d'amande, représentant peut-être un arc. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source et texte: Musee-de-Prehistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets




La Marche
Petite gravure calcaire de la tête d'un félin, probablement un lion, de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source et texte: Musee-de-Prehistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets




La Marche
Calcaire érodé dans sa partie supérieure, mais gravé de trois chevaux sur la partie inférieure. Au centre se trouve un cheval isolé, probablement une jument en gestation, qui semble boire ou paître. Les proportions et les détails anatomiques de l'animal sont respectés. Il a une crinière abondante, une touffe de poils sur le garrot et une longue queue touffue. 

À la droite de cet animal émerge la tête d'un autre cheval. Sur la gauche, on peut voir un autre cheval, montré verticalement. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source et texte: Musee-de-Prehistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets




La Marche
Dessin des gravures sur le bloc ci-dessus. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Musée de la Préhistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets




La MarcheLa Marche
Fragment de calcaire gravé présentant une tête de renne regardant de droite, de La Marche. 

 



Les détails anatomiques sont d'une grande fidélité malgré l'absence d'oreille. Le museau, la bouche ouverte, la narine, l'oeil globulaire, les bois ... 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source et texte: Musée de la Préhistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets




la Marchela Marche


la Marche
Découverte par Breuil cette plaque en pierre calcaire gravée de deux personnages masculins de La Marche est exceptionnelle. À gauche, un homme nu est debout, les bras levés, la tête tournée vers la droite. Son corps est bien proportionné et son pénis est détaillé. Sa tête est bien soignée: il a les cheveux courts, le front bombé, le nez aquilin, la bouche entrouverte, le menton arrondi et fuyant, un œil en amande, une oreille, une barbe bien formée. 

À droite, un autre homme apparaît agenouillé, la tête penchée en avant, les bras tendus devant lui.Sa tête chauve est détaillée et montre une barbichette. La signification de cette scène reste énigmatique - est-ce une danse, peut-être, ou un rituel? 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source et texte: Musee-de-Prehistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets




la Marche
  Représentation profil humain vers la droite. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Musée de la Préhistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets




la Marche
La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Musée de la Préhistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets




la Marchela Marche
La Marche. 

Fragment de calcaire gravé d'une tête humaine, de profil et tourné vers la gauche. 

Des cheveux abondants, finement dessinés, tombent sur le visage, masquant l'oreille et une partie de la joue et empiétant sur l'oeil en amande, profondément gravé. Le nez est fort et cambré, le menton est pointu et convexe. La ligne de la mâchoire est bien indiquée, de même que celle du cou. 



la Marche
La Marche. 

Le thème des femmes enceintes est poursuivi dans cette gravure. 

Photo: http://www.poitou-charentes-vacances.com/Mon-voyage/A-visiter/Musee-de-Prehistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets 
Source: Musee-de-Prehistoire -Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets




la Marche
Dessin de la gravure ci-dessus. 

Deux figures apparaissent sur cette pièce particulière.

une vers la droite,l'autre vers la gauche.





la Marchela Marche
Dalle de calcaire gravée de La Marche. La photo en couleur montre un gros plan d'une femme coiffée d'un bonnet. 

Le dessin est soit de cette gravure, soit de celle qui est très similaire. 

Photo (à gauche):
Photo (à droite): Ralph Frenken 2015 
Source: Musée-de-Préhistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets




la Marchela Marche
Un bloc de calcaire de La Marche gravé de nombreux  animaux. 

A droite, un asinien, un cheval avec des oreilles d'âne. (Onager? - Don  ) Sa tête courbée est coiffée d'une crinière et de longues oreilles dressées. Sa croupe descend rapidement jusqu'à une queue courte et touffue. 

Inversé sur la pierre, nous pouvons discerner le corps d'un gros animal avec une tête avec un grand museau, peut-être un renne. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source et texte: Musee-de-Prehistoire-Grottes-de-la-Marche-et-des-Fadets. Lwoff.




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source:Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
  

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source:Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source:Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source: Lwoff




la Marchela Marche
Dessins des gravures de La Marche. 

Photo: Ralph Frenken 2015 
Source:Lwoff




la Marche enfant
C'est une plaque calcaire trapézoïdale incomplète de 100 x 80 x 5 mm d'épaisseur, conservée dans les collections du Musée de l'Homme, Laboratoire de Préhistoire, collection Lwoff (MH D-50-7-42) . 

Pales et Saint-Péreuse avaient d'abord considéré cette figure comme un homme avant de l'identifier comme un «jeune enfant» avec un pénis semi-dressé. Notre lecture est différente: le pénis supposé est mal placé, inséré au milieu du ventre et en tenant compte d'autres éléments, nous interprétons le dessin comme celui d'un nouveau-né. 

Nos arguments sont les suivants: 

- Le volume de la tête par rapport au corps. 
- La présence d'un double contour cérébral occipital, caractéristique d'un céphalématome, un gonflement crânien temporaire chez le nouveau-né (rapporté par Pales) qui se produit parfois lors de l'accouchement par compression, sur un cou assez dilaté et rigide. 
- La flexion des membres inférieurs. 
- la présence, en superposition, de l'image d'une femme avec un gros abdomen et des seins allaités. 

Cette pièce illustre la diversité des sujets humains reproduits, avec plus de femmes que d'hommes, plus de sujets adultes que d'enfants et un nombre important de femmes au gros ventre et aux gros seins, vraisemblablement enceintes. Cette série de La Marche, peu connue et même inconnue des médias, constitue une source d'informations précieuse sur la société magdalénienne. 

Photo et texte: http://www.atramenta.net/lire/oeuvre23919-chapitre120122.html 
Autorisation: Creative Commons by-nc-nd 3.0




la Marche enfant



Dessin du bloc ci-dessus. 

Photo: L. Pales 
Source: Pales (1969)




mouvement de la Marche




Cheval de la Marche. 

Mouvement à double action par superposition d'images successives d'un cheval à La Marche (Vienne). 

Photo: L. Pales 
Source: Pales et Tassin de Saint-Pereuse (1981)




la Marche
Dent de cheval incisée de la Marche. Ces gravures peuvent être interprétées comme décrivant un pubis ou une vulve. 

À la Marche, le Magdalénien moyen a dressé de nombreuses incisives gravées sur la surface linguale, en particulier la combinaison médiane des surfaces occlusale et linguale. La gravure forme un triangle ou un quadrilatère rempli de lignes croisées d'une extrême délicatesse. Cette figure, associée à la morphologie naturelle de la dent, symbolise sans aucun doute le sexe féminin. Ces dents ne sont jamais percées et ne sont probablement pas considérées comme des éléments de parure. 

Photo et texte: Airvaux (2001)




dents sculptées
Incisives de chevaux dont la décoration comprend des hachures croisées dans un triangle. 

Au total, 22 incisives de poulain ont été étudiées, dont 18 proviennent de la collection de Saint-Mathurin, conservée au Musée d'archéologie nationale (MAN) et 4 des fouilles de Lucien Rousseau. 

Au sein de cette série, 20 présentent des gravures sur la surface linguale (touchant la langue) de la dent, des gravures dont les unités graphiques se décomposent en 12 triangles, 7 trapézoïdes et une figure composée de deux lignes parallèles. 7 de ces pièces présentent également des incisions, plus ou moins profondes, en nombre variable, situées sur les bords de la dent. 

Les deux pièces complétant la série ont des incisions uniquement sur les bords latéraux. Les surfaces labiales (touchant les lèvres ou les joues) ne montrent aucune gravure. 

Photo: © RMN, ill. Thierry Ollivier 
Source et texte traduit: http://www.catalogue-roc-aux-sorciers.fr/html/12/collection/2_4_3.html




Dents de cheval Dousse
Dent de cheval gravée de Dousse, Angles-sur-l'Anglin (Vienne). 

La faune de ce gisement comprend un grand nombre d'ossements de cheval qui, sur ce site, semblent être aussi abondants que des rennes. Les dents des chevaux se rencontrent souvent côte à côte avec des fragments de mâchoires, le tout en excellente conservation.Parmi ces dents, principalement les incisives, qui appartenaient à des sujets de tous âges, j'en ai collecté cinq qui méritent une description particulière pour leurs particularités. En effet, ces cinq dents ont fait l’objet de gravures qu’il est important de décrire avec soin, car leur modification particulière, à ma connaissance, n’a pas encore été rapportée. Ces dents sont des incisives, de jeunes animaux sans usure de la table dentaire. 

Dans la partie concave de chaque dent exactement au même endroit pour les cinq spécimens recueillis, c'est-à-dire sur la partie saillante de la gomme pendant la vie de l'animal, se trouve une très fine grille en damier, très claire et enregistrée dans un isocèle triangle pour deux dents et en trapèze pour les trois autres. La grille est clairement délimitée par une ligne droite et l'intérieur est rempli d'une série de lignes gravées constituées de diagonales croisées et formant de minuscules carrés. Deux des incisives, où la grille est réalisée avec plus de soin et de netteté, portent en outre des signes particuliers, constitués d'encoches latérales réparties par groupes de trois sur une seule dent, soit un total de 18 encoches du fait de l'espacement des trois groupes de trois de chaque côté, tandis que la partie concave de la dent, dans la plus grande courbure située au-dessous de la grille, est gravée de deux fentes se coupant en diagonale et formant une croix de Saint André. (N ° 1 dans le dessin). 

Le deuxième exemple ne comporte que six encoches, trois de chaque côté, disposées symétriquement des deux côtés de la dent. Cette dent a la partie restante de la racine précédemment cassée et aurait pu avoir d'autres entailles dans la partie manquante. Comment ces gravures en émail ont-elles été faites sur un matériau aussi dur, et quelle est leur signification? Un test avec une lame de silex, provenant du site, sur une autre incisive de cheval, m'a fait prendre conscience de la dureté de l'émail et de la difficulté d'exécuter ce travail, compte tenu de l'effritement rapide du tranchant du silex. 

Peut-être, les deux morceaux de cristal de roche trouvés ont-ils fourni des lames minces, plus solides que le silex et capables de réaliser ces gravures, sur lesquelles on peut admirer la régularité des lignes, sur un matériau aussi dur. Il est difficile de commenter la raison de ces gravures et leur utilisation; des trophées de chasse, peut-être? Des pendentifs? Leur suspension aurait été difficile, surtout pour trois exemplaires sans entaille. Peut-être est-ce un fétiche, un charme pour assurer le succès de la chasse à leur heureux propriétaire, et fourni par un habile sorcier du clan? Tant de questions se posent, qui sont, je pense, très difficiles à résoudre, mais qui ne risquent pas moins d'attirer l'attention de la préhistoire. 

Photo et texte: Rousseau (1933)




Références

  1. Airvaux, J., Pradel L. , 1984: Gravure d'une tête humaine sur le Magdalénien III de la Marche, commune de Lussac-les-Châteaux (Vienne). Bulletin de la Société préhistorique française , tome 81, n ° 7 , 1984. pp. 212-215.
  2. Airvaux, J. , 2001: L'art préhistorique du Poitou-Charentes, sculptures et gravures des temps glaciaires , la maison des roches éditeur, 223 p., 188 fig.
  3. Gobillot L. , 1919: Note sur deux Pendeloques magdaléniennes inédites de la Vienne, Bulletin de la Société préhistorique de France , 1919, tome 16, n ° 4, p. 192-195.
  4. Lwoff, S. , 1941: Gravures à représentations humaines du Magdalénien III. Fouilles de la Marche, commune de Lussacles-Châteaux (Vienne), Bulletin de la Société préhistorique de France , tome 38, n ° 7-8, 1941. p. 145-161.
  5. Pales, L. , 1969: Les gravures de La Marche. III: Humains. 2. , Bordeaux: Imprimeries Delmas, 1969.
  6. Pales, L., Tassin de Saint-Pereuse, M. , 1981: Les gravures de La Marche. III: equidés et bovidés , Paris: Ophrys.
  7. Péricard, L., S. Lwoff, 1940: La Marche, commune de Lussac-les-Châteaux (Vienne): Premier atelier du Magdalénien III à dalles gravées mobiles (campagnes de fouilles 1937-1938), Bulletin de la Société préhistorique deFrance , tome 37, n ° 7-9, 1940. pp. 155-180.
  8. Rousseau, L. , 1933: Le Magdalénien dans la Vienne. Découverte et fouille d'un gage du Magdalénien à Angles-sur l'Anglin (Vienne),Bulletin de la Société préhistorique de France , tome 30, n ° 4, 1933. p. 239-256.

Crédit Photos/Texte: Don HITCHCOCK, donsmap.com  et Pascal LE FALHER, pascal.lefalher@orange.fr 






Stéphane LWOFF devant l’entrée de la grotte (1943)

Léon PERICARD

 

Photos de la grotte en janvier 2003

 

L’un des ouvrages de Stéphane LWOFF

 

Des photos de la grotte en cours de fouilles(resp. J.Airvaux) en 1985 :

 

              

 

 

                                                         

Ci-dessous, document original de l'époque des découvertes... (1937/1938)

 

 

Relevé d’une représentation humaine : 

 

Plan des fouilles entre 1937 et 1941 :

 

 

Relevés de représentations humaines gravées sur plaques de calcaire

                        

                         

 

    

 

 

 

 

             

 

 

                                             

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 



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