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LES LOUPS EN POITOU

 ET DANS LA REGION DE LUSSAC LES CHATEAUX (86320)

 

Ce fut Charlemagne qui, le premier, en 813, prit par capitulaire la première disposition pour lutter contre les loups. Louis le Débonnaire, Charles VI l'imitèrent. François 1er définit clairement en 1520 les fonctions de grand louvetier, et sous Louis XIV, le dauphin lui-même devint responsable de la louveterie. Supprimée pendant la Révolution, elle fut rétablie par Napoléon 1er en 1804 et est actuellement confiée à l'administration des Eaux et Forêts.

Sous l'ancien régime, les louvetiers, apparus en 1318, étaient chargés d'organiser les battues. Bien que roturiers, ils pouvaient porter une arme et ne se privaient pas de réquisitionner les paysans alors que rien ne les y autorisait. On utilisait alors une meute de six à neuf chiens soigneusement dressés: des lévriers dits d'Estrie étaient postés aux sorties de la tanière et prenaient le loup en chasse. D'autres "lévriers compagnons" mis en embuscade le long du chemin attaquaient le loup au flanc. Enfin, les "lévriers de tête" prenaient le relais en forçant le loup dans sa tanière, en attendant que le veneur vienne percer le loup blessé à l'épaule avec son poignard.

Actuellement, le lieutenant de louveterie est nommé pour 3 ans par le préfet et, cette période passée, peut être reconduit dans ses fonctions qui consistent à détruire les animaux dits "nuisibles" comme le renard, le sanglier, le lapin, les chats sauvages. Il doit combattre le braconnage et assurer l'équilibre de la faune sauvage. Il est chargé de l'organisation des battues.    

L'actuel louvetier pour l'arrondissement de Montmorillon ne court aucun risque d'avoir à traquer un loup.

Mademoiselle Madeleine RENAUD dans "Loups du Poitou" a établi la liste de ces hommes dont la passion fut la vénerie. Le vicomte Emile de la Besge (1812/1905), de Persac, est sans aucun doute le plus célèbre. il eut l'honneur de recevoir le duc de Beaufort, venu spécialement d'Angleterre pour chasser le loup en forêt de Verrières avec 70 fox hounds. La légende locale veut qu'il n'arrivaient pas à la cheville des "Bâtards du Poitou" issus du chenil de persac.

Son frère, le baron Arthur de la Besge (1815/1890) qui fit construire le chateau de Pindray, fut aussi un chasseur redoutable, tout comme Julien Bost qui entre 1902 et 1914 tua 62 loups. Elle cite aussi les frères Guichard, Charles de Maichin, le marquis d'Abadie, les d'Orvau de Verrières, les de Coral, du Ché, de Grailly, de Lassée, Mesmin, le dr Prévost Maisonnais, de Fruchard, M. le marquis de Campagne....toute une pléiade de veneurs poitevins...vigoureux, intrépides, avec l'oreille fine et la décision prompte...

Ainsi, creusant des fosses, tendant des pièges, s'armant de pieux à la pointe acérée, chevauchant à travers les taillis, les brandes, les hommes ont inlassablement traqué ce suppôt de Satan que le conteur rend responsable de la disparition des petits cochons et de celle du Chaperon Rouge..

De Frotmaire, évêque de Toul, au vicomte de la Besge, en passant par le marquis de Marlay, libéré sous la Terreur parce qu'il avait rendu service au peuple en chassant le loup, ce dernier a eu des ennemis implacables!

Très nombreux sont ceux qui affirment qu'il devait disparaître. Quelques uns déplorent son extermination prétendant que les chasses de la fin du XVIII siècle et du début de XIX siècle ont été le derniermoyen trouvé par les nobles des campagnes pour prouver aux paysans qu'ils avaient encore un rôle protecteur. Laissons cependant à l'un d'eux, Alfred de Vigny, le mot de la fin: "Il nous regarde encore, ensuite il se recouche, tout en léchant le sang répandu sur sa bouche. Et, sans daigner savoir comment il a péri, refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri".   

 

   

Loups gravés sur os (provenance grotte de la Vache Ariège)

 

Mademoiselle Madeleine RENAUD réalisa en 1984 une exposition unique (nombreux loups empaillés...) présentée au 3ème étage du Musée municipal alors dépendant des "Amis du pays de Lussac" voici un article de presse de l'époque