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 JOHN CHANDOS : 

l’égal de du Guesclin pour les anglais…

 

Sir John Chandos est le descendant des seigneurs qui suivirent Guillaume le Conquérant en Angleterre. Son nom proviendrait du village de “Candos“ dans le département de l´Eure‚ près de Rouen. Très jeune‚ il était déjà connu pour sa bravoure. Présent au siège de Cambrai‚ en 1337‚ il devient conseiller du roi d´Angleterre‚ chargé de la formation militaire du dauphin Edouard‚ le futur “Prince Noir“. 

Il prit une part importante au succès de ses troupes lors de la bataille de Maupertuis en 1356 et négocia le traité de Brétigny (1360). 

En 1361‚ il fut nommé connétable d´Aquitaine et lieutenant-général de tous les territoires français. A ce titre‚ il reconstruisit un grand nombre de places fortes parmi lesquelles Niort en 1362 . Il vainquit et fit prisonnier deux fois du Guesclin (à Auray‚ en 1364‚ et à Nájera‚ en 1367).

 En 1369‚ il est nommé sénéchal du Poitou et s´installe à Poitiers. 

John Chandos ne pouvait voir sans une certaine “contrariété“ les Français reprendre pied dans sa province. En effet‚ Jean de Kerlouet le breton et Louis de Saint Julien seigneur de la Trimouille avaient repris Lusignan‚ la Roche-Posay‚ et Saint-Savin‚ à quelques lieues de Poitiers. Il décida donc de reconquérir l´abbaye de Saint-Savin par surprise et de nuit. Mais‚ se croyant repérée‚ la troupe rebroussa chemin en passant par Chauvigny puis en longeant la Vienne jusqu´au pont de Lussac.

Les Français‚ sans se douter de leur présence‚ avaient décidé de suivre le même trajet pour harceler d´éventuelles troupes anglaises. Les adversaires se rencontrèrent au pont de Lussac où le combat s´engagea. Un sol mouillé et son manteau trop long firent glisser Chandos. Jacques de Saint-Martin‚ un écuyer de la maison du sire de Bagnac lui porta un coup de glaive. Son oncle Edward Twyford‚ le corps de son neveu entre les jambes‚ repoussa les assaillants. Un de ses écuyers transperça de son épée les deux cuisses de J. de Saint-Martin qui mourut trois jours plus tard à Poitiers. Le sénéchal John Chandos fut couché sur un grand pavois et transporté au château de Morthemer qui était la forteresse anglaise la plus proche.

Voici comment se présentait le pont de Lussac en décembre 1369 (actuel barrage sur la Vienne, le pont s'étant semble-t'il effondré au cours des derniers siècles):

(Pont de Saint Savin)

Il y mourut le 1er janvier 1370 après un jour et une nuit d´agonie. Il avait environ 55 ans

Il est possible de voir, à l'église du chateau, à Morthemer, cet ensemble d'un gisant et d'une partie supérieure de cénotaphe/caveau. Il semble que l'élément posé à la base du gisant soit celui de CHANDOS. Il est, en tout cas, du XIV ème siècle et correspond parfaitement au type de sépulture réalisée dans les années 1370.    

 

Quand la nouvelle de sa mort parvint à la cour d´Edouard III en Angleterre et‚ en Guyenne‚ à celle du dauphin le « Prince Noir“ la désolation fut grande. John Chandos était non seulement un grand homme de guerre à l´instar de du Guesclin‚ mais aussi un administrateur habile et un sage politique. 

Froissard qui par ses chroniques nous permet de mieux connaître cette époque nous dit :“ il eut mieux valu qu´il fut fait prisonnier au lieu d´être tué car il était si sage et si imaginatif qu´il eut trouvé quelque moyen par quoi paix eut été entre France et Angleterre"“ et aussi, ce qui pourrait constituer une épitaphe “ainsi perdirent Français et Anglais beaucoup à sa mort“ .

Il fut enterré dans l´église de Morthemer. Sa tombe existait encore vers 1820. A cette époque‚ elle fut remplacée par un autel. 

Un cénotaphe fut érigé pour commémorer l´endroit où il tomba. Ce monument a été depuis déplacé dans la commune voisine de Mazerolles.

La bataille de POITIERS,

Jean le BON et CHANDOS...

        Le royaume de France était en triste état à la mort du roi Philippe VI de Valois, car les Anglais y avaient si fort et si avant mis le pied, qu’ils étaient maîtres de plus d’une province, et le peuple gémissait ,sous le poids d’extorsions si lourdes, qu’il n’y en eut jamais de telles en la terre de France. -

       Le nouveau roi, Jean le Bon; était gai, prodigue et crédule à l’égard de ceux qu’il avait en faveur; mais il-était souvent dur et même cruel, et il ne trou­vait plus d’argent dans son pays, lorsque les États généraux de 1555 et 1556 ‘lui accordèrent de nouveaux impôts; il en avait à cette heure. plus grand besoin que  jamais, car la guerre avec les Anglais, suspendue depuis près de dix ans par des trêves imparfaitement observées, allait recommencer. Édouard III,: habile à profiter des avantages que lui promettaient les embarras pécuniaires et les dissensions intérieures de la France, réclamait en toute propriété l’Aquitaine et le Ponthieu, déjà entre ses mains; il entendait que la Bretagne fût émancipée : tant de prétentions ne pouvaient aller qu’au renou­vellement des hostilités. Le roi Jean ne s’y trompa pas, et il marcha au levant de son adversaire, qui venait de débarquer à Calais. Les Anglais ne furent pas heureux cette fois dans leur expédition un peu précipitée, et le roi fut obligé de repasser le détroit, laissant dans le sud-ouest de la France son fils aîné, le prince de Galles, tout jeune encore, guerroyant sous l’appui et la direction de John Chandos, l’un des meilleurs et des-plus illustres chevaliers de son temps.

       Ce succès enorgueillit le roi Jean, qui se crut assuré de mettre ses ennemis hors de France. Il s’avança contre le prince de Galles avec une armée de quarante à cinquante mille hommes, ses quatre fils et presque tous les barons de France ; il était si fier et si confiant, qu’en passant la Loire il renvoya chez elles les milices des communes; ce qui fut grande folie à ceux qui le conseillèrent, disait-on déjà de son temps. Le roi et les seigneurs se croyaient bien assurés de la victoire lorsque, le samedi 17 septembre 1556, ils s’établirent dans les champs non loin de Poitiers, pour attendre la petite troupe des Anglais qui s’en venait, ravageant et dévastant tout le pays en deçà et au delà de l’Aude, et se dirigeant vers l’Anjou et la Touraine.

       Le roi Jean avait envoyé dès le dimanche matin quatre de ses meilleurs chevaliers pour inspecter les positions et l’ordonnance des Anglais, qui  n’étaient guère nombreux en comparaison de la grande année du roi de France.- Lorsqu’ils revinrent auprès du roi, celui-ci avait entendu la messe et  reçu la sainte communion des mains du prêtre à l’autel avec ses quatre fils.  -« Eh bien ! dît-il à ses émissaires, quelles nouvelles? — Bonnes, sire, répon­dirent-ils tous à la fois, car, s’il plaît à Dieu, vous aurez aujourd’hui belle victoire sur vos ennemis.

       Nous l’espérons bien, par la grâce de Dieu, repartit le roi; mais comment les attaquerons-nous pour combattre? — Sire, répondit messire Eustache de Ribaumont, qui était en. grande renommée parmi ses compagnons pour sa sagesse comme pour sa bravoure, les Anglais   -

       sont en un poste très fort, garni de haies et de buissons; ils n’ont formé qu’un seul corps de bataille, mais, les approches du chemin sont garnies de leurs archers, et il n’y a pour arriver jusqu’à eux qu’une issue et une entrée en­core le passage est-il si étroit, que je ne crois pas que quatre hommes y puissent avancer de front. Les archers forment comme une herse devant les hommes d’armes qui sont tous à pied, en sorte que, pour en venir aux mains; , il faudra passer au travers des flèches qui estropient grandement hommes et chevaux, comme bien vous savez. »        

        Le roi .Jean,. comme duc de Normandie guerroyant en Gascogne contre le comte de Derby, avait plus d’une fois fait l’expérience de la force des archers anglais, on sorte qu’il se mordit. les lèvres et demanda à messire Eustache : « Comment conseillez—vous donc de les approcher? — Sire, repartit le chevalier, tous à pied, avec des lances coupées à la longueur de cinq pieds tout au plus. Trois cents hommes armés, les meilleurs et les mieux montés resteront seuls         à cheval et passeront en avant pour rompre la ligne des archers, après quoi
vos gens pourront combattre main à main. —C’est bien’ dit! » s’écria le roi, et  les ordres furent aussitôt donnés de mettre pied à terre, d’ôter les éperons et de tailler le bois des lances. Tous les combattants étaient prêts, les quatre corps de bataille du roi de France  attendaient l’ordre d avancer lorsqu’on vit arriver le cardinal de Périgord chevauchant en grande hâte, qui se présenta devant le roi de France pour le  supplier à mains jointes d’attendre quelques instants pour lui laisser le loisir de travailler à conclure la paix « Que je puisse seulement remontrer au prince et. à ses gens en quel grand danger vous les tenez avec votre immense armée de fleur de chevalerie. —Allez.! dit le roi’ Jean, je le veux bien, mais hâtez-vous. »  

       Le Prince Noir, comme on l’appelait de la couleur ordinaire de ses armes, était trop sage et trop avisé, malgré l’ardeur de sa jeunesse, pour ne pas comprendre que le cardinal de Périgord lui disait vrai en parlant du péril où il se trouvait à cette heure, et il répondit doucement « Monseigneur, mon honneur sauf et celui de mes gens, je suis tout prêt à traiter par bonnes voies de raison » Le cardinal s’empressa de retourner vers le roi de France, demandant la journée du dimanche pour avoir le temps de s’entendre, « Ils sont à vous sans coup férir et ne peuvent nullement fuir, dit-il; donnez-leur répit ,jusqu’au soleil levant demain matin. » Et après avoir réfléchi, le roi Jean y consentit.

       C’était chose vaine cependant de négocier entre les deux princes et le cardi­nal s’y épuisa inutilement tout le jour. Les Anglais offraient de rendre les villes et châteaux qu’ils venaient de conquérir et de relâcher les prisonniers, en s’engageant à ne se point armer contre le roi de France pendant sept ans. Mais le roi Jean entendait que le prince et. tous ses chevaliers se rendissent  prisonniers, et c’était ce qu’ils ne pouvaient accepter. Le légat du saint-père travailla en vain tout le jour et encore le lendemain au soleil levant. Les Fran­çais le renvoyèrent enfin avec colère, lui disant qu’il s’en allât à Poitiers sans  plus parler de paix ni d’accord, car 1’heure était venue de combattre. Et le cardinal   s’en alla tout triste comme il était venu.  La nuit avait paru longue aux Anglais, qui manquaient de vivres et étaient si fort resserrés dans leur position par les Français, qui les entouraient de toutes parts, qu’ils ne pouvaient aller fourrager dans les environs. Ils étaient  donc pressés de combattre et ils accueil1irent de bonne vo1onté les paroles du  prince de Galles lorsqu’il leur dit, sitôt après le départ du cardinal de Périgord « Beaux seigneurs, nous sommes en petit nombre contre la puissance de nos ennemis; mais ne nous effrayons pas pour celà, car la victoire n’appartient pas au grand nombre, mais à celui à qui Dieu veut la donner. Si la journée est à nous, nous serons les plus honorés du monde; si nous sommes  tués, j’ai encore monseigneur mon père et deux grands frères, et vous avez aussi  de bons amis qui nous vengeront. Je vous prie donc que vous vouliez aujour­d’hui prendre peine à bien combattre, car, s’il plaît à Dieu et à saint Georges  vous me verrez aujourd’hui bon chevalier. »  

       L’engagement devint bientôt général, les hommes d’armes qui devaient
 forcer le. passage et rompre le rempart des archers entrèrent résolument dans  le chemin qui était bordé des deux côtés par une baie épaisse. Mais à peine  y avaient-ils fait quelques pas, que les archers se mirent à tirer de toutes  leurs forces, perçant et blessant les chevaux de leurs longues flèches. Les  che­vaux, fous de douleur, ne voulaient pas avancer; ils se retournaient, les uns  de travers, les autres de côté, se heurtant et se renversant les uns sur les  autres, et jetant bas leurs maîtres qui ne pouvaient se relever dans cette  presse, en sorte que tout le corps de bataille des maréchaux, à pied, à l’ouverture du chemin,...ne pouvait avancer pour se porter contre le prince et ses ban­nières qu’ils apercevaient en face d’eux, mais. sans pouvoir en approcher.   Jamais on ne vit un si grand malheur et triste aventure arrivés en si peu de temps à tant de braves gens et bons combattants qu’il arriva ce jour-là à la  bataille des maréchaux de France, car ils tombaient les uns sur les autres percés par les flèches des archers anglais, sans pouvoir aller assez avant pour combattre. Ceux qui étaient derrière et qui voyaient le mal ne pouvaient les secourir, mais se repliaient peu à peu sur le corps de bataille du duc de Nor­mandie qui était fort et serré aux premiers rangs, mais qui bientôt s’éclaircit  sur le dernier plan, car tous ceux qui voyaient les maréchaux déconfits com­mencèrent à chercher leurs chevaux pour se retirer. Une troupe d’Anglais à cheval qui étaient restés sur une éminence vint fondre sur le corps de bataille déjà ébranlé et acheva de le mettre en déroute. Les archers, leur arc à la main, commençaient à sortir de derrière leurs haies et à s’avancer victorieusement au milieu des chevaux et des hommes renverses.
 

 

        Alors messire Jean Chandos dit au prince de Galles, qu’il n’avait point quitté de tout le jour . » Sire, remontez à cheval, et allez en avant, car la journée est à vous. Marchons vers le roi de France, car là est tout l’effort du combat Je sais bien que par vaillance il ne fuira point. Au nom de Dieu et de monseigneur saint Georges; qu’on vous voie aujourd’hui bon chevalier !

        — Donc, dit le prince, allons; nul ne me verra jamais reculer, mais toujours chevaucher en avant! » Et il marcha sur le corps de bataille du duc de Normandie.

       A ce moment, ceux qui avaient ce jour-là reçu du roi le soin de guider et de protéger les jeunes princes prirent peur à la pensée de Ies voir attaqués et peut-être capturés par les Anglais. Rassemblant leurs forces autour des trois aînés (le plus jeune de tous, le prince Philippe, n’avait pas quitté son père), le soigneur de Saint-Venant5 messire Jean de Landas et messire Thibaut de Vaudenay emmenèrent avec eux les enfants de France pour les mettre en sûreté. Lorsque ces deux derniers chevaliers eurent chevauché ainsi une heure ou deux, ils laissèrent la charge des jeunes princes au sire de Saint-Venant et s’en retournèrent toute bride sur le champ de bataille, afin de porter encore un coup en l’honneur du royaume de France. Comme ils couraient au plus grand pas de leurs bons chevaux, ils rencontrèrent le corps du duc d’Orléans qui était parti du combat sans coup férir, sauf quelques vaillants chevaliers qui s’étaient détachés pour demeurer auprès du roi ardemment engagé, pied à pied et  main à main, dans la bataille contre les Anglais.  

       Sa hache d’armes à la main, à la tête des siens, et faisant passer ses bannières devant lui, le roi Jean était allé s’attaquer au corps de bataille des maréchaux d’Angleterre. Il savait trop bien le métier des armes pour ne pas s’apercevoir que ses affaires étaient en mauvais point et ses gens en péril, car il voyait ses bataillons  s’ouvrir et s’ébranler, ses bannières et ses pennons reculer, mais il comptait sur l’emportement de la vaillance française pour tout recouvrer; aussi ne cessait-on, pas de crier autour de lui « Montjoie! Saint Denisl » en réponse au cri des Anglais; «Saint Georges Guienne! » Le petit prince Philippe se tenait auprès de son père, maniant de toute sa force son épée de combat, et criant sans cesse au roi « Père, gardez-vous à droite! Père, gardez vous à gauche, » à mesure qu’il remarquait les dangers qui menaçaient le chevalier royal..  

       Cependant le roi Jean était fort en­touré d’ennemis qui se pressaient pour l’atteindre et le saisir, lorsqu’un chevalier d’Artois, messire Denis de Morbecqué exilé de France pour quelque méfait de jeunesse, parvint à s’ouvrir un passage au travers des combattants, criant au roi  « Sire, rendez-vous, ou  vous êtes mort! ». Il parlait en bon français et le roi s’arrêta à sa voix. «Où est mon cousin le prince de Galles? Demanda t-il, je me rendrai à lui. Mais Denis de Morbecque reprit < Rendez-vous, sire, et je vous amènerai à lui, sans quoi vous êtes mort! ».  Le roi lui tendit son gant.

       Cependant tout autour du roi on criait « Je l’ai pris. Il est à moi! » Les combattants se poussaient entre eux, si bien que le roi son fils et messire Denis de Morbecque ne pouvaient avancer et se trouvaient même en grand péril de leurs vies, lorsqu’un cri s’éleva sur les dernières de la mêlée « Les maré­chaux! Voilà les maréchaux! »  Et les comtes de Suffolk et de Warwick, fendant la foule, s’approchèrent du roi comme il disait à ceux qui se pressaient autour de lui « Ne craignez rien, je suis assez grand seigneur pour vous enrichir tous, menez-moi seulement à mon cousin le prince de Galles, avec mon fils que voila. Les maréchaux firent aussitôt cesser les disputes et, faisant reculer tous les gens qui se trouvaient là, ils descendirent de cheval et s’inclinèrent devant le roi, qui était tout joyeux de leur arrivée car il s’était vu un moment en plus grand danger que pendant le combat, et ils le conduisirent respectueusement à l’endroit où le prince de Galles s’était arrêté. Ses gens venaient d’y dresser un petit pavillon afin qu’il pût se reposer un moment.

       Le roi de France approchait avec son fils, conduit par les maréchaux  d’Angleterre. Le prince s’avança au-devant de lui empressé, et courtois, comme auprès d’un hôte honoré et chéri, et lorsque le repas du soir réunit dans une même tente les vainqueurs et les vaincus, le prince de Galles ne voulut céder à personne le soin de servir le roi, quelque prière que lui en fit celui-ci. Je ne suis encore suffisant  pour m’asseoir à la table d’un si grand prince et vaillant chevalier que vous  vous êtes montré en cette journée, messire, disait-il en suppliant le roi  de boire et de manger pour se réconforter après le rude travail de la bataille. J’estime que vous avez grand sujet de vous réjouir, bien que les affaires n’aient pas  tourné à votre gré, car vous avez conquis aujourd’hui le premier renom de prouesse, et tous ceux qui ont vu les uns et les autres vous en donnent le prix et la couronne si vous les voulez porter. ».  Ainsi et par de douces paroles le prince vainqueur consolait-il son vaillant captif et ne cessa point de le combler des mêmes attentions et courtoisies pendant le triste voyage qu’il lui fit faire en l’emmenant à Bordeaux, et pendant qu’il y séjournait,  jusqu’au jour où il l’emmena prisonnier en Angleterre pour le présenter à son père le roi Edouard III, laissant la France abattue et sanglante entre les jeunes mains du duc de Normandie, bientôt le sage roi Charles V.